Catégorie : RGPD

  • 4 ans après l’entrée en vigueur du RGPD : quel est le verdict ?

    Le 25 mai 2018, le RGPD entrait en vigueur, afin de se hisser en protecteur des données des citoyens européens face aux géants de la Tech. Quel est son bilan, quatre ans après sa mise en oeuvre ?

    Le 25 mai 2018, le Règlement général sur la protection des données (RGPD) de l’UE entrait en vigueur, afin de se hisser en protecteur des données des citoyens européens face aux géants de la Tech. Quatre ans après sa mise en œuvre, le bilan est-il toujours en faveur des citoyens européens ?

    L’équation entre efficacité et vie privée est impossible

    Malgré les restrictions amenées par le RGPD et la fin des cookies tiers prévue pour 2023, les entreprises ont toujours la possibilité de réaliser des analyses en se reposant sur les cookies dits « first-party ». Respectant le consentement des utilisateurs, les informations recueillies sont à la fois authentiques, précises, et volontairement données par les utilisateurs. Les entreprises ont donc toujours la possibilité de créer des campagnes marketing toujours plus personnalisées, mais aussi de nouer une relation de confiance avec leurs clients en leur assurant le respect de leur vie privée.

    D’ailleurs, de nombreux consommateurs se disent prêts à partager leurs données personnelles avec les marques pour gagner en personnalisation à condition qu’un consentement clair existe.  Selon une étude menée par BCG, environ 30 % des personnes interrogées étaient prêtes à partager leur adresse électronique avec une entreprise donnée sans incitation et 90 % d’entre contre un échange de valeur approprié. Selon une autre étude réalisée par McKinsey, 71 % des consommateurs attendent des entreprises qu’elles offrent des interactions personnalisées selon leurs propres conditions. Afin de gagner la confiance des consommateurs, la clé du succès pour les entreprises est de donner aux clients la transparence, le choix et le contrôle de leurs données.

    Les lois sur le transfert de données ont évolué et les entreprises doivent s’adapter rapidement

    Le paysage réglementaire a changé depuis 2018, entre Schrems II, RGPD ou encore le Brexit. Le paysage réglementaire continue d’évoluer dans le monde entier : l’Inde, la Chine, le Brésil, Singapour et l’Australie, entre autres, élaborent de nouvelles lois sur la protection de la vie privée. Selon Gartner, d’ici 2023, 65 % de la population mondiale sera couverte par des lois sur la confidentialité des données.

    Avec le RGPD, le transfert de données européennes dans des pays en dehors de l’Union européenne se révèle plus compliqué : ces pays doivent être dotés d’une solide réglementation en matière de protection des données. Les données personnelles de l’UE doivent bénéficier à l’étranger du même niveau de protection et de sécurité que sur le territoire national. Il est donc essentiel que toute personne stockant ou déplaçant des données européennes en dehors du territoire sache comment le faire légalement. Ces restrictions sont nécessaires, car elles garantissent que les citoyens et résidents de l’UE contrôlent la manière dont leurs données sont utilisées, stockées et traitées. Les entreprises ne peuvent pas profiter de la faiblesse des lois sur la protection des données dans d’autres territoires économiques.

    De nombreux fournisseurs, notamment pour les services cloud, ne sont pas transparents sur la façon dont ils traitent les données personnelles. De telles régulations sur le transfert des données permettent à toutes les organisations de travailler avec des partenaires transparents qui offrent un maximum de flexibilité quant à la façon dont les données provenant de leurs services sont traitées : l’endroit où les données sont stockées au repos, la manière dont elles sont répliquées dans les centres de données et le moment où un transfert de données UE-USA peut avoir lieu.

    Les entreprises qui collectent les données des résidents de l’UE ont donc tout à gagner à se tourner vers des plateformes d’analyse dans l’Union européenne, qui protègent les données des utilisateurs et offrent un hébergement sécurisé, idéalement dans un centre de données appartenant à l’UE. Cela leur garantit de collecter, stocker et traiter les données conformément au RGPD.

    Le RGDP a créé une dynamique intéressante au cours des quatre dernières années : pour de nombreuses entreprises, c’est le premier pas vers la mise en conformité du respect de la vie privée. Avec des pays qui envisagent de suivre cette approche dans les années à venir, le RGPD ne sera probablement pas la seule loi à animer le débat international sur la protection de la vie privée. Si son influence est perceptible dans de nombreuses lois, il ne s’agit en aucun cas de la seule approche de la protection de la vie privée. Ce sera aux différentes juridictions et organisations de trouver des systèmes conformes au niveau mondial.

    https://www.journaldunet.com/ebusiness/crm-marketing/1513665-4-ans-apres-l-entree-en-vigueur-du-rgpd-quel-est-le-verdict

  • Cookies : le Conseil d’Etat confirme la condamnation de Google par la Cnil

    https://www.efl.fr/actualite/cookies-conseil-confirme-condamnation-google-cnil_f9c8db97e-5884-4aa3-9720-6ac5022126bb

    Le Conseil d’Etat confirme les condamnations infligées par la Cnil à Google pour manquement aux obligations en matière de recueil du consentement pour le dépôt de cookies.

    CE 28-1-2022 n° 449209


    Publié le 17/03/2022

    quoti-20210608-conseil-etat-bp.jpg

    On sait que l’utilisateur d’un site internet doit être informé de manière claire et complète par le responsable de traitement (ou son représentant) de la finalité de toute opération de recueil ou de dépôt d’informations stockées dans son terminal (cookies) et des moyens pour s’y opposer ; les accès aux informations stockées ou les inscriptions d’informations ne peuvent avoir lieu qu’à condition que l’utilisateur ait donné son consentement après avoir reçu cette information (Loi 78-17 du 6-1-1978 dite « Informatique et libertés » art. 82).

    Se fondant sur un manquement à ces dispositions, la Cnil avait condamné Google à payer des amendes administratives d’un montant total de 100 millions d’euros (Délib. Cnil 7-12-2020 n° SAN-2020-012).

    Le Conseil d’Etat vient de rejeter le recours en annulation formé par Google contre cette décision.

    Compétence de la Cnil

    Google soutenait d’abord que la Cnil était incompétente pour prononcer une telle sanction : s’agissant d’un traitement transfrontalier, et par application du mécanisme du « guichet unique » prévu par le RGPD (Règl. 2016/679 du 27-4-2016 art. 56), c’est l’autorité de contrôle de l’établissement du responsable du traitement qui aurait dû connaître du contrôle, en l’espèce, l’autorité irlandaise.

    Le Conseil d’Etat rejette cet argument : la sanction prononcée par la Cnil contre Google est fondée sur des dispositions de la loi Informatique et libertés transposant la directive ePrivacy (Dir. 2002/58 du 12-7-2002 modifiée par Dir. 2009/136 du 25-11-2009), laquelle encadre notamment la pratique des cookies (qui visent toutes informations stockées ou consultées sur le terminal de l’utilisateur, lesquelles ne sont pas nécessairement des données personnelles). Or, les mesures de contrôle de ces dispositions relèvent non pas du mécanisme mis en place par le RGPD mais, par application de la directive ePrivacy, qui renvoie à la loi française le soin de déterminer l’autorité compétente pour ce contrôle, de la Cnil (Dir. ePrivacy art. 15 bis ; Loi du 6-1-1978 art. 16).  

    Par suite, l’autorité de contrôle française était compétente.

    Manquements reprochés à Google

    Le Conseil d’Etat juge ensuite que les faits suivants caractérisaient une absence d’information claire et complète des utilisateurs, un défaut de recueil préalable de leur consentement et un mécanisme défaillant d’opposition aux cookies, tels que prévus par l’article 82 de la loi du 6 janvier 1978 : 7 cookies étaient automatiquement installés sur les ordinateurs des utilisateurs dès leur arrivée sur le site, dont 4 qui n’avaient qu’une finalité publicitaire ; lors de l’arrivée sur la page « google.fr » , un bandeau d’information s’affichait en pied de page, contenant la mention « Rappel concernant les règles de confidentialité de Google » , en face de laquelle figuraient deux boutons intitulés « Me le rappeler plus tard » et « Consulter maintenant » . En cliquant sur le bouton « Consulter maintenant » , l’utilisateur n’était pas informé des règles de confidentialité applicables aux cookies, ni de la possibilité de refuser qu’ils soient implantés sur son terminal. Pour parvenir à cette information, il fallait faire défiler le contenu de toute la fenêtre, ne pas cliquer sur l’un des cinq liens hypertextes thématiques figurant dans le contenu, et cliquer sur le bouton « autres options » .

    Google a certes mis à jour son système après l’introduction de la procédure de sanction, de sorte que, depuis le 10 septembre 2020, l’utilisateur arrivant sur la page « google.fr » voit désormais s’afficher, au milieu de son écran avant de pouvoir accéder au moteur de recherche, une fenêtre surgissante intitulée « Avant de continuer » , qui contient une information préalable sur l’utilisation de cookies par Google et comporte deux boutons intitulés « Plus d’informations » et « J’accepte » .

    Toutefois, les indications ainsi fournies n’informent pas directement et explicitement l’utilisateur sur les finalités des cookies et les moyens de s’y opposer.

    Par ailleurs, si depuis la mise à jour il n’est plus procédé au dépôt automatique de cookies publicitaires dès l’arrivée de l’utilisateur sur la page « google.fr », au moins un cookie ne relevant pas de la catégorie des cookies dits «  d’opposition » demeure stocké sur le terminal de l’utilisateur ayant désactivé la personnalisation des annonces.

    Montant de la sanction

    Google invoquait enfin le caractère disproportionné des sanctions prononcées. Sous cet angle encore le Conseil d’Etat écarte le recours :

    – les amendes n’excédaient pas les plafonds fixés par la loi (le montant le plus élevé entre les deux montants suivants : 10 millions d’euros ou, s’agissant d’une entreprise, 2 % du chiffre d’affaires annuel mondial total de l’exercice précédent ; le double, dans certaines hypothèses, notamment lorsqu’il existe un manquement aux principes de base d’un traitement de données personnelles) (Loi du 6-1-1978 art. 20) ;

    –  pour fixer le montant de la sanction, la Cnil avait tenu compte des éléments suivants :  la part de marché supérieure à 90 % représentée par le moteur de recherche Google, les bénéfices particulièrement importants produits par le segment de la publicité ciblée en ligne permise par les données collectées par le recours aux cookies et le fait que les mises à jour opérées à la suite de l’engagement de la procédure de sanction ne pouvaient pas être regardées comme une véritable coopération avec l’autorité de contrôle en l’absence persistante, en particulier, de communication à cette dernière des revenus publicitaires des sociétés Google en France. 

    N’est pas non plus considéré comme excessif par le Conseil d’Etat le montant de l’astreinte de 100 000 euros par jour de retard prononcé par la Cnil, là encore inférieur au plafond légal (Loi de 1978 art. 20 précité) ; l’astreinte avait d’ailleurs été levée le 30 avril 2021 pour tenir compte des évolutions proposées par Google.

    Enfin, la Cnil avait pu décider de rendre publique sa décision et de procéder à son anonymisation à l’issue d’un délai de deux ans, compte tenu de la gravité du manquement en cause et du grand nombre d’utilisateurs concernés.

  • Sanction de 300 000 euros à l’encontre de la société FREE MOBILE

    https://www.cnil.fr/fr/sanction-de-300-000-euros-lencontre-de-la-societe-free-mobile

    La CNIL a prononcé une sanction de 300 000 euros à l’encontre de la société FREE MOBILE, notamment pour ne pas avoir respecté les droits des personnes et la sécurité des données de ses utilisateurs.

    Le contexte

    La CNIL a reçu plusieurs plaintes concernant les difficultés rencontrées par des personnes dans la prise en compte, par l’opérateur de téléphonie mobile français, FREE MOBILE, de leurs demandes d’accès et d’opposition à recevoir des messages de prospection commerciale.

    Un contrôle sur place et un contrôle sur pièces ont permis de constater des manquements aux droits des personnes concernées (droit d’accès et droit d’opposition), à l’obligation de protéger les données dès la conception ainsi qu’à la sécurité des données (transmission des mots de passe en clair par courriel).

    En conséquence, la formation restreinte – organe de la CNIL chargé des sanctions – a prononcé à l’encontre de la société FREE MOBILE une amende de 300 000 euros.

    Cette sanction prend en compte la taille et la situation financière de la société. Sa publicité se justifie par la nécessité de rappeler l’importance de traiter les demandes de droit des personnes et la sécurité des données des utilisateurs.

    Les manquements retenus

    La CNIL a retenu quatre manquements au RGPD à l’encontre de la société FREE MOBILE :

    • un manquement à l’obligation de respecter le droit d’accès des personnes aux données les concernant (art. 12 et 15 du RGPD), puisque la société n’a pas donné suite aux demandes formulées par les plaignants dans les délais ;
    • un manquement à l’obligation de respecter le droit d’opposition des personnes concernées (art. 12 et 21 du RGPD), puisque la société n’a pas pris en compte les demandes des plaignants visant à ce que plus aucun message de prospection commerciale ne leur soit adressé ;
    • un manquement à l’obligation de protéger les données dès la conception (art. 25 du RGPD), puisque la société a continué d’envoyer à des plaignants des factures concernant des lignes téléphoniques dont l’abonnement avait pourtant été résilié ;
    • un manquement à l’obligation d’assurer la sécurité des données personnelles (art. 32 du RGPD), puisque la société transmettait par courriel, en clair, les mots de passe des utilisateurs lors de leur souscription à une offre auprès de la société FREE MOBILE, sans que ces mots de passe soient temporaires et que la société impose d’en changer.
  • Google est poursuivi en justice pour avoir tracé les utilisateurs en navigation privée

    source : Google est poursuivi en justice pour avoir tracé les utilisateurs en navigation privée

    Google est poursuivi en justice pour avoir tracé les utilisateurs en navigation privée
    Le PDG de Google, Sundar Pichai. © Stephanie Keith/Getty Images

    Google a fait l’objet d’une action collective en justice en Californie mardi 2 juin : l’entreprise est accusée d’avoir continué de tracer l’activité Internet des utilisateurs du navigateur Chrome même lorsqu’ils étaient en navigation privée, en mode “Incognito”. Lorsque vous ouvrez une fenêtre de navigation privée sur Google Chrome en mode “Incognito”, le programme ne sauvegarde pas votre historique de recherche, mais les données d’analyse sont quand même envoyées aux sites web que vous visitez via Google Analytics et Google Ad Manager.

    Lorsque vous ouvrez une fenêtre en navigation privée, le navigateur vous indique que vos données peuvent encore être visibles pour les “sites web que vous visitez”, “votre employeur ou votre établissement scolaire” et “votre fournisseur d’accès Internet”. Voici à quoi cela ressemble lorsque vous ouvrez un onglet :

    Cette page apparaît quand on ouvre une fenêtre en mode incognito sur Google Chrome. Google

    L’action en justice a été engagée par le cabinet d’avocats Boies Schiller & Flexner, et demande un minimum de 5 milliards de dollars de dommages et intérêts au motif que la présentation par Google du mode incognito sur Chrome “trompe intentionnellement les consommateurs”.

    Google affirme être honnête avec ses utilisateurs sur le fait que leurs données de navigation privée pourraient être envoyées à des tiers. “Nous contestons fermement ces affirmations et nous nous défendrons vigoureusement contre elles”, a déclaré un porte-parole de Google à Business Insider US.

    “Le mode Incognito dans Chrome vous donne le choix de naviguer sur Internet sans que votre activité soit enregistrée sur votre navigateur ou votre appareil. Comme nous l’indiquons clairement à chaque fois que vous ouvrez un nouvel onglet incognito, les sites web peuvent être en mesure de collecter des informations sur votre activité de navigation pendant votre session”, a-t-il ajouté.

    L’action en justice est actuellement menée par trois plaignants et vise à obtenir un minimum de 5 000 dollars par plaignant (environ 4 400 euros).

    Version originale : Isobel Asher Hamilton/Business Insider.

  • Compteurs Linky : la CNIL met en demeure Engie et EDF pour des manquements au RGPD

    La Commission nationale de l’informatique et des libertés reproche aux fournisseurs d’énergie d’avoir collecté des données à caractère personnel sans avoir obtenu un consentement spécifique et suffisamment éclairé des abonnés Linky. Engie et EDF sont également épinglés pour avoir appliqué des durées de conservation excessives. par Nathalie Maximin (dalloz-actualite.fr/auteur/nathalie-maximin) le 19 février 2020 CNIL, 31 déc. 2019, délib. MED-2019-035 (EDF)CNIL, 31 déc. 2019, délib. MED-2019-036 (ENGIE)CNIL, 20 janv. 2020, délib. MEDP-2020-001 (EDF)CNIL, 20 janv. 2020, délib. MEDP-2020-002 (ENGIE)CNIL, communiqué, 11 févr. 2020

    Source : https://www.dalloz-actualite.fr/flash/compteurs-linky-cnil-met-en-demeure-engie-et-edf-pour-des-manquements-au-rgpd

  • RGPD : la Mairie d’Oslo sanctionnée par la CNIL norvégienne

    Le Comité européen pour la protection des données indique que l’équivalent norvégien de la CNIL a imposé une amende administrative de 120 000 euros à l’encontre de la municipalité d’Oslo, et spécialement son Agence pour l’éducation. 

    L’autorité reproche à la mairie de ne pas avoir mis en œuvre les mesures techniques et organisationnelles appropriées pour assurer un niveau de sécurité adapté sur l’application mobile Skolemelding. Une solution dédiée à la communication entre le personnel de l’école, les parents et les élèves.

    Ainsi, la mauvaise sécurisation de cette solution permettait à un utilisateur tiers de modifier les données personnelles de plus de 63 000 élèves. De même « en raison de tests de sécurité inadéquats avant le lancement de l’application, celle-ci contenait des failles de sécurité bien connues ».

    Autre problème : un champ libre où des parents ont pu révéler des éléments sensibles relatifs à la santé de leur enfant. Une mesure peu compatible avec le principe du « privacy by design » cher au RGPD. Selon l’autorité de contrôle, il eut été préférable d’utiliser par exemple une liste déroulante ou un système de cases à cocher. 

    « La municipalité d’Oslo n’a pas fait appel de la décision ».

    Source : https://www.nextinpact.com/brief/rgpd—la-mairie-d-oslo-sanctionnee-par-la-cnil-norvegienne-11331.htm